800 M€ d’aides pour les start-ups de la Deep Tech d’ici 2023

Yann Falevoz
Yann Falevoz

Le terme « Deep Tech » désigne un mouvement profond remettant la technologie à la source de l’innovation. Les start-ups qui se prévalent de cette tendance traitent des grands défis de l’avenir de l’Homme en proposant des solutions sur la base d’innovations de rupture, issues de la recherche fondamentale. Les Deep Tech sont présentes dans tous les domaines, de la santé à l’énergie, des transports à l’agronomie.

Partant du constat que l’écosystème de financement des start-ups digitales est aujourd’hui robuste et adapté à leurs besoins, Bpifrance souhaite adapter sa politique de financement de l’innovation pour faite bénéficier les start-ups issues de la Deep Tech des espaces libérés. Celles-ci peinent encore à attirer les capitaux du fait des risques technologiques élevés et des développements particulièrement longs et coûteux qui leur incombent. Il ne s’agit pas de revenir sur les réflexions passées et d’opposer les différentes facettes de l’innovation, car plus ces start-ups sauront combiner innovations technologiques et non‑technologiques, plus elles seront fortes.

Bpifrance a ainsi dévoilé, le 30 septembre dernier, son plan Deep Tech. Il vise à faire le lien entre un écosystème d’entrepreneuriat et de financement en plein essor et l’excellence des filières scientifiques françaises pour convertir cette recherche de pointe en succès économiques. Ce plan, avec un fort soutien financier de l’Etat, se décompose en 4 axes :

  • Stimuler – aider à la création de start-ups Deep Tech en accompagnant les acteurs du secteur dans leur passage de la recherche à l’entrepreneuriat. Cela se traduit tout d’abord par un partenariat, signé le 21 janvier, avec l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) pour une intensification des échanges et une meilleure coordination. Cela passe ensuite par le renforcement des Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies (SATT) et des incubateurs ciblés sur les innovations de rupture. 150 M€ seront injectés dans ces structures en trois ans. L’objectif est de doubler le nombre de start-ups Deep Tech créé par an, le portant de 250 à 500.
  • Amorcer – financer la création de ces start-ups, en sortie de laboratoire, avec 800 M€ investis sur 5 ans, sous forme de subventions, d’avances remboursables et d’obligations.
  • Déployer – aider ces start-ups à grossir en investissant 1 Md€ dans des fonds de capital-risque français et 300 M€ en direct. Avec les effets de levier, ces 1,3 Md€ devraient se transformer en 5 Md€ de fonds capital-risque ciblés sur la Deep Tech, permettant d’adapter un écosystème qui a besoin d’une expertise technologique plus forte, de proximité avec les laboratoires, de fonds plus sectoriels et plus gros, capables de prendre des tickets de plus de 100 M€.
  • Inciter – encourager le rapprochement entre start-ups et grands groupes pour accélérer leur développement. Comme dans le numérique, les start-ups représentent une importante opportunité pour les entreprises et les filières traditionnelles.

Le référentiel Deep Tech Génération, permettant de distinguer les entreprises éligibles à ces aides, formule 4 critères. Les start-ups intéressées devront :

  • S’appuyer sur les technologies issues de la recherche scientifique et conserver un lien fort avec celle-ci.
  • Démontrer un avantage compétitif fort.
  • Avoir la capacité à lever des verrous technologiques.
  • Faire face à une mise sur le marché longue et complexe.

Selon Paul-François Fournier (Bpifrance), « le mouvement Deep Tech est une chance pour la France ». Saisissons-la ! D’ailleurs, les investisseurs placent la France en tête sur la Deep Tech, devant les pays anglo-saxons, c’est un signe !

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